Lors du sommet de juin 2025 au Canada, les dirigeants du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis) ont approuvé un plan en cinq points pour la sécurité de l'approvisionnement en minéraux essentiels.
Une déclaration du Premier ministre Anthony Albanese (Australie) lors du G7 a bien résumé l'ambiance qui régnait dans la salle : « Les minéraux stratégiques sont les nouveaux moteurs de la sécurité énergétique… aucun pays ne devrait être autorisé à contrôler l'approvisionnement. »
Les minéraux stratégiques tels que le lithium, le cobalt, le nickel et les éléments de terres rares sont indispensables dans les secteurs de l'énergie propre, des véhicules électriques, des semi-conducteurs et des technologies de défense. Cependant, leurs chaînes d'approvisionnement sont fortement concentrées : la Chine domine la transformation (60 à 90 %) et les exportations, tandis que d'autres pays comme la RDC (cobalt) et le Chili/l'Argentine (lithium) jouent également un rôle clé.
Cette concentration comporte des risques stratégiques, économiques et environnementaux. Une interruption de l'approvisionnement pourrait paralyser la production de batteries ou ralentir la transition énergétique, et certains acteurs géopolitiques pourraient exploiter ces contraintes pour se procurer un moyen de pression.
Résumé du plan d'action en cinq points
1. Prévisions de l'offre et de la demande : évaluations régulières, fondées sur des données, des besoins futurs et des goulots d'étranglement potentiels.
2. Chaînes d'approvisionnement responsables : promouvoir des normes ESG qui protègent les travailleurs, les communautés et l'environnement.
3. Recyclage et économie circulaire : stimuler la valorisation locale des minéraux issus des déchets électroniques afin de réduire la demande en matières premières.
4. Innovation en matière de substituts : soutenir la recherche et le développement de matériaux alternatifs ou de technologies plus efficaces.
5. Préparation aux situations d'urgence : plans coordonnés visant à réagir rapidement aux contrôles à l'exportation, aux sanctions ou à d'autres perturbations soudaines de l'approvisionnement.
Le plan comprend également d'autres éléments, tels que la promotion de la transparence dans le commerce, la lutte contre les monopoles et les interdictions d'exportation, ainsi que le renforcement de partenariats comme le programme volontaire de l'Agence internationale de l'énergie Programme de sécurité des minéraux critiques et le Partenariat pour la sécurité minérale.
L'influence de la Chine
Fin 2024/début 2025, la Chine a mis en place un système d'autorisation pour sept terres rares et a ajouté le tungstène, le tellure, le bismuth, le molybdène, l'indium et plusieurs autres métaux à sa liste des restrictions à l'exportation.
Alors que le débat mondial et les formalités administratives font rage, la Chine ne reste pas les bras croisés. Les contrôles structurels du pays, les changements de politique d'exportation et les investissements internationaux continuent de façonner le paysage de l'offre émergent.
La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a accusé le G7 de dénigrer la Chine et de politiser le commerce, et a déclaré qu’il devait « cesser de semer la discorde et de provoquer des conflits ». Elle a souligné que les contrôles à l’exportation relevaient de la routine et que les politiques chinoises répondaient à des impératifs de sécurité nationale et ne constituaient pas une forme de coercition économique.
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Par ailleurs, les médias d'État chinois et certains analystes ont appelé à adopter une approche nuancée, certains suggérant que le fait d'intégrer la Chine dans les cadres internationaux plutôt que de l'en exclure permettra d'éviter un discours opposant « nous » à « eux ».
Le plan d'action du G7 constitue une avancée majeure vers la résilience de la transition énergétique, mais son succès dépend de l'ampleur des investissements, de la collaboration mondiale et de la capacité à trouver un équilibre entre la concurrence stratégique et l'engagement concret, notamment vis-à-vis de la Chine.
Les mois à venir permettront de voir si ces projets se concrétisent sous la forme de nouvelles mines, raffineries, centres de recyclage et alliances solides, ou si la Chine retrouve une marge de manœuvre suffisante pour conserver son hégémonie minière.








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