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Eskom conclut un accord de sauvetage pour sauver l'industrie sud-africaine du ferrochrome

8 décembre 2025 | Actualités du marché

Eskom a confirmé la conclusion d'un protocole d'accord avec Samancor Chrome et la coentreprise Glencore–Merafe Chrome, marquant ainsi une avancée significative vers la stabilisation du secteur sud-africain du ferrochrome, actuellement en difficulté. 

Cet accord fait suite à des discussions intensives avec le ministre de l'Électricité et de l'Énergie, Kgosientsho Ramokgopa, et les organisations syndicales, dans un contexte d'inquiétudes croissantes concernant les réductions de production à l'échelle du secteur et les pertes d'emplois imminentes.

Ce protocole d'accord officialise un engagement commun visant à mettre en place une intervention durable et à long terme pour un secteur qui a été durement touché par la morosité des marchés mondiaux du chrome, la hausse des coûts énergétiques et des conditions d'exploitation nationales de moins en moins compétitives. L'Afrique du Sud reste le premier producteur mondial de ferrochrome, ce qui fait de cette industrie un maillon essentiel de la chaîne de valeur minière du pays, notamment en termes d'emploi et de recettes d'exportation.

Tracer une feuille de route à long terme

Un groupe de travail multipartite a été mis en place, réunissant Eskom, Samancor Chrome, Glencore–Merafe et des hauts représentants du gouvernement. Ce groupe a pour mission d'accélérer l'élaboration d'une mesure visant à rétablir la compétitivité du secteur du ferrochrome sans faire peser de coûts supplémentaires sur les autres consommateurs d'électricité. Les parties se sont fixé un délai de trois mois pour présenter une proposition viable, soulignant ainsi l'urgence de la crise à laquelle sont confrontées les fonderies nationales.

Les accords tarifaires négociés sous pression

Samancor Chrome et Glencore–Merafe opèrent actuellement dans le cadre d'accords tarifaires négociés (NPA) approuvés par l'Autorité nationale de régulation de l'énergie d'Afrique du Sud (NERSA) en octobre 2023. Ces accords d'une durée de six ans, entrés en vigueur au début de cette année, s'inscrivent dans le cadre du dispositif provisoire à long terme mis en place par l'ancien ministère des Ressources minérales et de l'Énergie en 2020.

Ce cadre a été conçu pour protéger les industries à forte intensité énergétique en proposant des structures tarifaires mieux alignées sur les références internationales, contribuant ainsi à préserver les emplois et à maintenir les capacités de fusion dans le secteur minier et métallurgique sud-africain.

Cependant, les deux producteurs ont invoqué les clauses de force majeure prévues dans leurs contrats au début de l'année, suite à une détérioration rapide des prix mondiaux du ferrochrome et à des pressions constantes sur les coûts liées aux tarifs de l'électricité. Eskom a ensuite demandé – et obtenu – une dérogation temporaire aux obligations « take-or-pay », permettant ainsi aux fonderies de réduire leur production sans encourir de pénalités. Si cette mesure d'allègement a permis d'atténuer les pressions immédiates, elle a également mis en évidence la nécessité d'une intervention plus durable à l'échelle du secteur.

L'autorité de régulation examine un ajustement tarifaire provisoire

La NERSA examine actuellement une demande d'ajustement tarifaire provisoire pour les fonderies concernées. Parallèlement, le gouvernement travaille à la mise en place d'un mécanisme de soutien supplémentaire visant à améliorer l'évolution des coûts du secteur à moyen terme. Ces deux processus devraient aboutir dans les trois prochains mois.

Selon des sources du secteur, sans mesures d'aide, d'autres fonderies pourraient être contraintes de prolonger leurs fermetures – un scénario qui risquerait de compromettre la part de marché mondiale de l'Afrique du Sud et de mettre en péril des milliers d'emplois tout au long de la chaîne de valeur du chrome.

Les fonderies s'engagent à mettre fin aux licenciements

Une fois l'ajustement tarifaire provisoire approuvé, Samancor et Glencore–Merafe se sont engagés à suspendre leurs procédures de licenciement au titre de l'article 189. Les producteurs se sont également engagés à remettre en service environ 40 % de la capacité de production des fours actuellement à l'arrêt, le temps que la solution à long terme prévue par le protocole d'accord soit finalisée.
Cette mesure devrait apporter un soulagement immédiat aux travailleurs et stabiliser la demande en minerai de chrome en amont provenant des exploitations minières qui approvisionnent les fonderies.

Eskom a réaffirmé que toute mesure prise devait rester économiquement viable et ne pas entraîner de répercussions financières imprévues pour les ménages ou les petites entreprises.

« Eskom se félicite des efforts de collaboration entre le gouvernement, les syndicats et le secteur industriel. Ce protocole d’accord met en place un processus structuré visant à trouver une solution durable et responsable qui permette de préserver la capacité industrielle tout en protégeant l’ensemble des consommateurs d’électricité », a déclaré Dan Marokane, directeur général du groupe Eskom. Il a ajouté qu’Eskom continuerait à travailler en toute transparence avec toutes les parties prenantes afin de garantir que toute mesure approuvée renforce le tissu industriel sud-africain sans compromettre la santé financière de l’entreprise publique nationale.

Un moment décisif

L'approche collaborative décrite dans le protocole d'accord témoigne d'un effort concerté visant à préserver l'un des secteurs de la transformation minière les plus stratégiques d'Afrique du Sud. Face à l'intensification de la concurrence mondiale – notamment de la part de la Chine, de l'Indonésie et du Kazakhstan –, l'issue de ces négociations déterminera probablement l'avenir de ce secteur pour les années à venir.

Au cours des trois prochains mois, les recommandations du groupe de travail détermineront si l'Afrique du Sud pourra conserver sa place de puissance mondiale dans le secteur du ferrochrome ou si elle devra faire face à un nouveau recul dans l'une des industries les plus énergivores et les plus importantes sur le plan économique du pays.

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