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Les États-Unis contre la Chine : la course aux minerais stratégiques africains

7 mars 2025 | Actualités du marché

Une lutte pour les ressources : les minerais stratégiques africains alimentent une rivalité géopolitique croissante entre les États-Unis et la Chine

L'Afrique se trouve au cœur d'une rivalité géopolitique croissante entre les États-Unis et la Chine en raison de ses vastes réserves de minéraux stratégiques indispensables aux technologies modernes.

Les minéraux tels que le cobalt, le lithium, le nickel et les éléments des terres rares sont essentiels pour des secteurs tels que la production de véhicules électriques (VE), les énergies renouvelables et l'électronique de pointe. Alors que la demande mondiale pour ces minéraux connaît une forte hausse, les États-Unis et la Chine ont tous deux intensifié leurs efforts pour s'assurer l'accès aux richesses minérales de l'Afrique, ce qui se traduit par des investissements stratégiques, des manœuvres diplomatiques et une lutte d'influence sur le continent.
 

La domination de la Chine dans le secteur minier africain
 

Au cours des deux dernières décennies, la Chine s'est imposée comme l'acteur dominant du secteur minier africain. Dans le cadre de son initiative « La Ceinture et la Route » (BRI), la Chine a réalisé des investissements dans les infrastructures en échange d'un accès aux matières premières. Les entreprises chinoises contrôlent une part importante des activités minières en Afrique, en particulier dans les pays riches en minerais stratégiques tels que la République démocratique du Congo (RDC), la Zambie et le Zimbabwe.

La RDC fournit près de 70 % du cobalt mondial, un composant essentiel des batteries lithium-ion. Des entreprises chinoises, notamment China Molybdenum et Zhejiang Huayou Cobalt, ont acquis des participations importantes dans des mines congolaises, s'assurant ainsi un approvisionnement régulier en ce minerai crucial.

La Chine a également obtenu des contrats miniers à long terme en finançant des projets d'infrastructure, tels que des routes, des voies ferrées et des ports. Des pays comme la Zambie ont bénéficié d'infrastructures construites par la Chine en échange de droits d'exploitation du cuivre.

Au-delà de l'exploitation minière, la Chine s'est également imposée comme le premier transformateur de minéraux stratégiques. Les matières premières africaines sont souvent exportées vers la Chine pour y être raffinées, ce qui confère à ce pays un avantage dans la chaîne d'approvisionnement mondiale. Les liens financiers étroits qui unissent la Chine aux pays africains et son contrôle sur la transformation des minéraux font qu'il est difficile pour ses concurrents, notamment les États-Unis, de contester sa position dominante.
 

La réaction des États-Unis
 

Conscients de la position dominante de la Chine dans le secteur minier africain, les États-Unis ont commencé à contrer l'influence de Pékin par le biais de nouveaux partenariats, d'initiatives politiques et d'investissements. Ils ont collaboré avec des alliés tels que l'Union européenne, le Canada, le Japon et l'Australie afin de mettre en place des chaînes d'approvisionnement sûres et diversifiées pour les minéraux critiques, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis de la Chine.

En 2022, le Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique a mis l'accent sur l'augmentation des investissements américains dans le secteur minier africain. La Development Finance Corporation (DFC) des États-Unis s'est engagée à financer des projets miniers dans des pays tels que la Zambie et la RDC.

Les États-Unis nouent des partenariats avec des pays africains afin de mettre en place des pratiques minières durables. Citons par exemple le projet du corridor de Lobito, une initiative menée en collaboration avec la Zambie, la RDC et l'Angola qui vise à améliorer les réseaux de transport afin de faciliter les exportations de minerais.

Par ailleurs, dans le cadre de la loi sur la réduction de l'inflation (IRA) et de la loi bipartisane sur les infrastructures, les États-Unis ont mis en place des mesures visant à encourager les investissements dans les ressources minières stratégiques nationales et celles de leurs alliés, afin de limiter leur dépendance vis-à-vis de la Chine.

Malgré des efforts accrus, les États-Unis se heurtent à plusieurs obstacles dans leur concurrence avec la Chine pour l'exploitation des ressources minérales africaines :

  • Alors que la Chine investit dans le secteur minier africain depuis des décennies, les États-Unis sont un acteur relativement nouveau, ce qui rend difficile pour eux de rattraper leur retard
  • Les entreprises chinoises ont accès à d'importants financements publics, tandis que les entreprises américaines dépendent davantage des investissements du secteur privé, qui sont souvent peu enclins à prendre des risques.
  • L'instabilité politique, la corruption et l'incohérence des cadres réglementaires dans certains pays africains constituent des obstacles aux investissements américains.
  • Les entreprises chinoises ont noué des relations solides avec les gouvernements africains et les entreprises locales, ce qui leur confère un avantage concurrentiel pour décrocher des contrats miniers.
     

L'avenir de la concurrence entre les États-Unis et la Chine en Afrique
 

La rivalité entre les États-Unis et la Chine autour des minerais stratégiques africains devrait s'intensifier dans les années à venir. Alors que la Chine bénéficie d'infrastructures existantes et d'accords à long terme, les États-Unis s'efforcent de proposer des modèles d'investissement alternatifs qui mettent l'accent sur la transparence et la protection de l'environnement

normes et pratiques de travail équitables. Pour renforcer leur présence, les États-Unis devront :

  • Accroître les investissements et l'aide : renforcer le soutien financier aux projets miniers et aux infrastructures africains peut contribuer à contrer la domination de la Chine.
  • Favoriser la valorisation locale : encourager les pays africains à affiner et à transformer leurs minerais sur place, plutôt que d'exporter des matières premières vers la Chine, pourrait créer des opportunités économiques mutuellement avantageuses.
  • Renforcer l'engagement diplomatique : le renforcement des liens politiques et des accords commerciaux avec les pays africains peut favoriser une coopération à long terme.
     

Quelles sont les cotes ?
 

Les minerais stratégiques africains sont au cœur d'une bataille économique et stratégique entre les États-Unis et la Chine. Alors que la Chine conserve une position dominante grâce à ses investissements dans les infrastructures, ses capacités de raffinage et ses accords de longue date, les États-Unis s'efforcent de proposer d'autres approches en matière d'investissement.

L'issue de cette compétition aura une incidence sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, la transition vers les énergies propres et l'avenir économique de l'Afrique. En fin de compte, la manière dont les pays africains géreront cette rivalité géopolitique déterminera les avantages à long terme qu'ils tireront de leurs richesses minérales.

Cependant, la politique étrangère de Donald Trump pourrait avoir des répercussions sur le secteur minier en Afrique, principalement en raison de son approche « America First », de ses politiques commerciales et de son retrait des accords multilatéraux. La position de son administration vis-à-vis de la Chine, du commerce et des investissements a des conséquences indirectes mais importantes pour l'industrie minière africaine.


 

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